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L'art d'utiliser les adjectifs qualificatifs au superlatif s'apprend à l'école, certes, il arrive que certains en arpentant le vignoble du sauternais sont arrivés à le maitriser d'une façon pathétique.
Le moins, le plus, le mieux. Le moins serait-il le mieux ? En Sauternais, la nature semble imposer aux viticulteurs qui recherchent l'excellence une ascèse du minimal. Un barsac et un sauternes se font gloire d'exiger les rendements les plus jansénistes, les tries les plus impitoyables, les déclassements les plus draconiens. L'histoire des millésimes révèle la cruauté de l'automne. En trente ans, de 1960 à 1990, on compte onze grande réussite seulement : les millésimes 67(superbes), 70, 71, 75, 76, (un sommet), 79(très beau), 83, 86(excellent), enfin la triade sublime des 88, 89, 90. On dit même que le 88 est le plus grand depuis 1937!!!
Pendant la même période, dix-huit grands millésimes de rouges sont nés. Ö nature intraitable, si tu pouvais faire que le plus soit le mieux!...Toutefois, de très grands Sauternes sont produits, en année difficile, grâce à la rigueur des tries et à la place privilégiée accordée à celles des grains vraiment rôtis, devenus soudainement possibles grâce à la clémence très passagère du temps. Sans trop jouer sur les mots, observons que, dès la vendange rentrée, c'est aussi le plus qui sera le mieux pour révéler le meilleur. Le plus d'attention et de soins mais aussi le plus d'investissements, de la climatisation des chais aux lignes de fûts, des pressoirs pneumatiques, à la chaine d'embouteillage. Bref tantôt le moins et tantôt le plus, c'est le mieux pour les grands crus du Sauternais.
Claude PEYROUTET
Philippe HERNU
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